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Souris et rats en copropriété : qui paie?

Par Muriel Druart, directrice, service client

Des bruits dans un mur, des excréments sous l’évier ou un emballage grugé peuvent révéler des rongeurs. En copropriété divise, la première question devient rapidement : qui doit payer l’inspection, l’extermination et le colmatage des accès?

La recherche « souris rats copropriété qui paie » ne mène pas à une réponse universelle. La répartition dépend notamment de l’endroit touché, de la source du problème et de la déclaration de copropriété. Le conseil d’administration doit donc faire enquêter avant d’attribuer la facture.

Une intervention rapide demeure importante. Les souris et les rats peuvent contaminer des surfaces, endommager des matériaux et circuler entre plusieurs unités par les murs, conduits ou plafonds.

Qui est normalement responsable des rongeurs?

Le syndicat a pour mission de conserver l’immeuble et d’administrer les parties communes, selon les principes du Code civil du Québec, notamment l’article 1039 C.c.Q. Cette obligation favorise une intervention du syndicat lorsque les rongeurs se trouvent dans la structure, les corridors, le garage, les locaux techniques ou d’autres parties communes.

Le syndicat devrait également agir lorsque plusieurs unités sont touchées ou que le parcours des rongeurs reste incertain. Une inspection globale permet alors d’éviter des traitements isolés qui déplacent simplement le problème. Les dépenses communes sont ensuite réparties selon la déclaration de copropriété et les règles applicables aux charges communes.

Un copropriétaire peut devoir assumer une intervention limitée à sa partie privative lorsque la source y est clairement circonscrite. Ce pourrait être le cas d’une souris entrée par une porte laissée ouverte, sans indice d’un accès commun. Toutefois, la présence dans une unité ne prouve pas que l’origine est privative.

Avant toute décision, le CA devrait examiner :

  • la description des parties communes et privatives dans la déclaration de copropriété;
  • le rapport de l’entreprise d’extermination;
  • les ouvertures relevées dans l’enveloppe ou autour des conduits;
  • le nombre d’unités touchées et les signalements antérieurs;
  • les comportements ayant pu attirer ou laisser entrer les rongeurs.

Qui paie selon la cause de l’infestation?

Le tableau suivant présente des scénarios fréquents. Il sert de guide administratif, mais la déclaration de copropriété et les faits documentés demeurent déterminants.

Situation observée Intervention initiale probable Répartition à évaluer
Rongeurs dans les murs, le garage ou un local commun Syndicat Charges communes, sous réserve de la déclaration
Plusieurs condos touchés sans origine confirmée Syndicat Inspection et traitement coordonnés comme dépense commune
Ouverture dans une fondation, une toiture ou un parement commun Syndicat Extermination et correction de la partie commune
Présence isolée attribuable à une ouverture privative Copropriétaire concerné ou syndicat selon l’urgence Responsabilité déterminée après inspection
Infestation causée par des aliments ou déchets négligés dans une unité Intervention rapide à coordonner Recours possible contre la personne fautive, si la preuve le permet

Même lorsqu’une faute semble évidente, le CA devrait éviter d’ajouter automatiquement la facture aux frais de condo. Une réclamation exige une base juridique, une preuve suffisante et le respect de la déclaration de copropriété. Les principes généraux de responsabilité civile, dont l’article 1457 C.c.Q., peuvent s’appliquer lorsqu’une faute cause un préjudice.

L’extermination et les réparations constituent aussi deux dépenses différentes. Le syndicat pourrait payer le traitement d’urgence, tandis qu’une responsabilité distincte serait analysée pour le colmatage ou les dommages. Cette distinction ressemble à celle applicable aux coquerelles en copropriété, où la propagation impose souvent une réponse collective.

Comment le CA devrait-il intervenir?

Le conseil d’administration doit privilégier une démarche uniforme et documentée. Les décisions improvisées peuvent prolonger l’infestation ou créer un conflit sur la facture.

  1. Consigner le signalement. Noter la date, l’unité, les indices observés et les endroits touchés. Des photographies peuvent compléter le dossier.
  2. Inspecter au-delà du condo signalé. Les espaces adjacents, les vides techniques, le garage et les locaux de déchets devraient être vérifiés au besoin.
  3. Mandater une entreprise qualifiée. Le mandat devrait couvrir l’identification du rongeur, les points d’entrée et un plan de suivi.
  4. Vérifier les autorisations applicables. L’usage de pesticides est encadré par la Loi sur les pesticides et le Règlement sur les permis et les certificats pour la vente et l’utilisation des pesticides.
  5. Informer les occupants. Les consignes doivent préciser la préparation des unités, la gestion des aliments et le calendrier des visites.
  6. Décider de la répartition. Le CA s’appuie sur le rapport, la déclaration de copropriété et, au besoin, un avis juridique.

Les ouvertures dans l’enveloppe doivent être corrigées avec des matériaux adaptés. Si ces travaux relèvent de la construction, le syndicat peut vérifier la licence de l’entrepreneur dans le registre de la RBQ. Une entreprise d’extermination ne remplace pas nécessairement l’entrepreneur requis pour réparer une fondation, un parement ou une toiture.

Le PV de la réunion du CA devrait résumer le problème, les soumissions reçues et la décision. Les factures, rapports et communications doivent être conservés dans les registres du syndicat. Pour structurer les demandes, les suivis et les fournisseurs, la gestion des opérations de multiRent peut soutenir le conseil d’administration.

Prévenir le retour des souris et des rats

Une extermination sans correction des accès produit souvent un résultat temporaire. Le CA devrait intégrer les recommandations au carnet d’entretien et planifier les correctifs selon leur priorité. La page sur le carnet d’entretien en copropriété explique comment centraliser les observations et les interventions récurrentes.

Les mesures préventives courantes comprennent :

  • colmater les ouvertures autour des conduits, câbles et évents;
  • installer des bas de porte appropriés dans les espaces communs;
  • réparer les fissures et les grilles endommagées;
  • conserver les déchets dans des contenants fermés;
  • réduire les sources de nourriture dans les garages et rangements;
  • inspecter périodiquement les fondations et les locaux techniques.

Le règlement de l’immeuble peut aussi prévoir des règles raisonnables sur les déchets, l’entreposage et l’accès aux unités pour une inspection. Le syndicat doit néanmoins respecter les formalités applicables avant d’entrer dans une partie privative, sauf situation urgente.

Enfin, le budget annuel devrait prévoir une marge pour les interventions parasitaires et les petites corrections. Une cotisation spéciale peut devenir nécessaire si les travaux communs sont importants et que les liquidités disponibles sont insuffisantes.

Questions fréquentes sur les rongeurs en copropriété

Le syndicat peut-il facturer directement un copropriétaire?

Pas uniquement parce qu’une souris a été trouvée dans son condo. Le syndicat doit établir la cause, la faute alléguée, le préjudice et la base permettant la réclamation. Une clause de la déclaration de copropriété ne devrait pas être appliquée sans examiner les faits.

Un copropriétaire peut-il appeler lui-même un exterminateur?

Il peut protéger sa partie privative, mais il devrait prévenir rapidement le syndicat. Un traitement individuel risque d’être incomplet si les rongeurs circulent dans les parties communes. Le CA doit coordonner l’accès lorsqu’une inspection de plusieurs unités est recommandée.

L’assurance couvre-t-elle une infestation de souris ou de rats?

La simple extermination et l’entretien préventif sont souvent exclus, mais les contrats varient. Le syndicat et le copropriétaire devraient déclarer rapidement tout dommage matériel et demander une confirmation écrite à leur assureur avant de conclure sur la couverture.

Cet article fournit de l’information générale et ne constitue pas un avis juridique. Pour votre situation, consultez un avocat ou un notaire.

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