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10/05/2026Sinistre copropriété assurance qui paie : guide pratique
Un sinistre dans une copropriété divise soulève toujours la même question : qui paie quoi entre l’assurance du syndicat et celle du copropriétaire? Entre les parties communes, les parties privatives, la franchise et les améliorations, la réponse dépend à la fois du Code civil du Québec (C.c.Q.), de la déclaration de copropriété (DCV) et des faits précis. À jour au 2026-05-10, voici un guide pratique pour vous orienter.
Vous êtes membre d’un conseil d’administration (CA) ou un copropriétaire? Les étapes décrites ci-dessous vous aideront à limiter les coûts, accélérer l’indemnisation et réduire les litiges. MultiRent — Gestion de copropriété à Montréal — accompagne des syndicats de la grande région de Montréal (incluant la Rive-Sud) dans ces situations.
Qui paie quoi lors d’un sinistre en copropriété?
En règle générale, l’assurance du syndicat couvre l’immeuble (parties communes et parties privatives dans leur état d’origine), tandis que l’assurance du copropriétaire couvre ses biens meubles, ses améliorations et sa responsabilité civile. Le paiement effectif dépend:
- de l’origine du sinistre (ex. colonne montante, chauffe-eau privatif, toiture),
- des dommages subis (communs, privatifs, améliorations, contenu),
- des clauses d’assurance (franchise, exclusions) et de la DCV.
Le C.c.Q. impose au syndicat de protéger et entretenir l’immeuble, notamment par des assurances adéquates; chaque copropriétaire doit pour sa part assurer ses biens et sa responsabilité civile. Les recours entre parties (réclamation du syndicat au copropriétaire fautif, subrogation de l’assureur, imputation de la franchise) dépendent des fautes prouvées et des stipulations de la DCV, sous réserve des articles applicables du C.c.Q. Consultez les dispositions sur la copropriété divise sur LégisQuébec pour le cadre légal à jour:
- Code civil du Québec – copropriété divise (référence générale, C.c.Q.) : https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/cs/CCQ-1991
Retenez l’idée clé: « qui paie » se traduit souvent par « quel assureur indemnise d’abord », puis par d’éventuels ajustements (franchise, refacturation permise par la DCV, recours en responsabilité civile en cas de faute).
Assurance du syndicat vs assurance du copropriétaire: ce que chacune couvre
- Assurance du syndicat
- Bâtiment: parties communes et parties privatives dans leur état d’origine (avant améliorations). Couverture des risques usuels (ex.: dégâts d’eau, incendie), sous réserve des exclusions et de la franchise.
- Frais de remise en état des parties communes et, selon les polices, restauration « standard » des parties privatives.
- Frais d’urgence pour limiter les dommages (ouverture des murs, assèchement), lorsque requis pour la sauvegarde de l’immeuble.
- Assurance du copropriétaire (condo)
- Biens meubles et contenu (mobilier, électroménagers non fixés, effets personnels).
- Améliorations aux parties privatives (revêtements haut de gamme, comptoirs surclassés) si ajoutées depuis la construction ou l’état d’origine.
- Frais de subsistance supplémentaires en cas d’inoccupation temporaire (selon police).
- Responsabilité civile en cas de faute causant un dommage à autrui ou à l’immeuble.
- Assurance du copropriétaire-bailleur et responsabilité du locataire
- Si votre unité est louée, exigez une assurance du locataire (« assurance locataire ») pour son contenu et sa responsabilité. La coordination des déclarations entre le copropriétaire, son locataire et le syndicat est essentielle.
Exemple rapide
Un dégât d’eau démarre d’un lave-vaisselle dans une unité et endommage la colonne d’évacuation (partie commune) ainsi que le plancher de l’unité du dessous.
- Parties communes: l’assurance du syndicat intervient pour la colonne et les travaux nécessaires à la sauvegarde.
- Partie privative (état d’origine): la remise en état « standard » est habituellement sous la police du syndicat.
- Améliorations et contenu: sous la police du copropriétaire touché.
- Si faute prouvée (mauvaise installation par le copropriétaire ou l’entrepreneur qu’il a mandaté), la responsabilité civile du copropriétaire fautif peut être engagée et l’assureur du syndicat pourrait exercer un recours contre le responsable, selon le C.c.Q. et la police.
Franchise, améliorations et refacturation: trois points qui font la différence
- Franchise (déductible)
- C’est le montant restant à la charge de l’assuré avant indemnité. En copropriété, la question est souvent: qui assume la franchise de la police du syndicat?
- La DCV ou le règlement d’immeuble peuvent prévoir l’imputation de la franchise à un copropriétaire fautif, ou dans certains cas à l’unité d’où provient le sinistre. Toutefois, ces clauses doivent respecter le C.c.Q. et la jurisprudence. Vérifiez vos règlements et, au besoin, faites valider par un juriste.
- Améliorations (betterments)
- Les améliorations apportées par un copropriétaire ne sont généralement pas couvertes par la police du syndicat. Elles relèvent de l’assurance du copropriétaire.
- Le « descriptif des parties privatives » annexé à la DCV aide à distinguer l’état d’origine des améliorations. Conservez-le à jour et accessible au gestionnaire et au CA.
- Refacturation et recours
- Le syndicat peut réclamer des montants à un copropriétaire si une faute lui est imputable (ex.: négligence d’entretien d’un chauffe-eau au-delà de la durée utile, malgré avis). La preuve des avis et de l’entretien est déterminante.
- Les recours subrogatoires des assureurs et l’imputation de la franchise s’analysent au cas par cas (C.c.Q., police d’assurance, DCV). En cas d’incertitude, documentez, consultez l’assureur et obtenez un avis juridique.
Pour des bonnes pratiques et gabarits utiles en copropriété, voyez aussi les ressources du Regroupement des gestionnaires et copropriétaires du Québec (RGCQ):
Les premières 24-48 heures: étapes opérationnelles pour limiter les dommages
- Sécuriser et arrêter la source
- Coupez l’eau/électricité si nécessaire. Fermez la vanne principale ou la valve de l’unité. Évacuez au besoin.
- Mandater des entrepreneurs licenciés
- Pour toute ouverture de murs, assèchement, plomberie, privilégiez des entrepreneurs détenant une licence de la RBQ. Cela facilite l’indemnisation et assure la conformité des travaux.
- Vérifiez la licence: https://www.rbq.gouv.qc.ca/consommateurs/recherche-dun-licencie.html
- Aviser rapidement
- Informez sans délai le gestionnaire, le CA et, selon la procédure interne, l’agent de réclamation de l’assureur du syndicat. Chaque copropriétaire sinistré devrait aussi aviser son propre assureur.
- Documenter
- Photos/vidéos datées, constat d’incident, coordonnées des témoins. Notez l’heure du début, les interventions, et toute dépense engagée.
- Inscrivez l’événement à l’ordre du jour de la prochaine AGA et consignez-le au PV du CA pour garder une trace officielle.
- Préserver et mitiger
- Conservez les pièces endommagées utiles à l’expertise. Procédez à des mesures temporaires raisonnables pour limiter l’aggravation des dommages, en coordonnant avec l’assureur.
- Communication aux occupants
- Informez les copropriétaires affectés des prochaines étapes, des intervenants mandatés et des délais estimés.
Pour structurer ces actions, le carnet d’entretien / EUC et les procédures internes de votre syndicat sont des alliés. Si vous souhaitez professionnaliser ces processus (ligne d’urgence, réseau d’entrepreneurs, suivi des réclamations), explorez nos services de gestion des opérations et de gestion administrative.
Prévenir les sinistres et les litiges: gouvernance et entretien
- Entretien préventif
- Tenez à jour le carnet d’entretien / EUC, avec des fréquences claires (ex.: inspection des colonnes, clapets antiretour, toitures, drains). Alignez ces tâches avec le plan du fonds de prévoyance.
- Communiquez des rappels aux copropriétaires (ex.: remplacement périodique des chauffe-eau). Le RGCQ propose des bonnes pratiques sur la prévention en copropriété: https://rgcq.org/.
- Gouvernance documentaire
- Révisez la DCV et le règlement d’immeuble pour clarifier l’imputation de la franchise, l’accès d’urgence aux unités, et les obligations d’assurance des copropriétaires (montants minimaux, preuve annuelle).
- Archivez les sinistres, avis et interventions. Un dossier bien tenu simplifie toute réclamation future et les décisions en AGA.
- Choix des entrepreneurs
- Privilégiez des firmes dûment licenciées RBQ pour les travaux de remise en état et les mesures d’urgence. Référence RBQ: https://www.rbq.gouv.qc.ca/consommateurs/travaux-de-construction/
- Vente d’une unité après sinistre
- Un copropriétaire qui vend doit divulguer les sinistres connus qui ont affecté son unité. Voyez les directives de l’OACIQ sur la déclaration du vendeur: https://www.oaciq.com/fr/articles/la-declaration-du-vendeur.
Vous cherchez des g gabarits de communication, de procédures d’urgence et un accompagnement pour votre CA? Consultez notre page services ou l’index du blogue pour d’autres fiches pratiques.
Foire aux questions
- Qui paie la franchise si le dégât d’eau provient d’une colonne (partie commune)?
Habituellement, la franchise de la police du syndicat demeure à la charge du syndicat et donc des charges communes, sauf stipulation claire de la DCV permettant d’imputer la franchise à un copropriétaire fautif ou à l’unité d’où émane le sinistre. Validez vos textes et discutez avec l’assureur. - Le syndicat peut-il me refacturer des travaux aux parties communes causés par mon appareil (ex.: laveuse) alors que je n’ai commis aucune faute?
Cela dépend des clauses de la DCV et du C.c.Q. Plusieurs déclarations exigent une faute prouvée pour imputer des coûts au copropriétaire. Certaines prévoient l’imputation de la franchise si le sinistre provient de l’unité, mais ces clauses doivent respecter la loi et la jurisprudence. Obtenez un avis juridique au besoin. - Dois-je déclarer un sinistre passé lorsque je vends mon condo?
Oui, divulguez toute information pertinente et connue sur l’état de l’unité, y compris les sinistres et réparations, via la déclaration du vendeur exigée par l’OACIQ. Référence: https://www.oaciq.com/fr/outils/declaration-du-vendeur. - Qui mandate l’entrepreneur pour les réparations dans une unité?
Pour les réparations relevant de la police du syndicat (remise en état « standard »), le syndicat ou son assureur coordonne habituellement. Les améliorations et le contenu sont gérés par le copropriétaire avec son assureur. La coordination entre assureurs évite les doublons.
Pour un survol des règles légales, consultez aussi LégisQuébec (C.c.Q., copropriété divise): https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/cs/CCQ-1991.
Cet article fournit de l’information générale et ne constitue pas un avis juridique. Pour votre situation, consultez un avocat ou un notaire.
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