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03/06/2026
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Responsable des renseignements personnels en copropriété (Loi 25)

Par Muriel Druart, directrice, service client

La Loi 25 impose aux organisations privées du Québec des règles claires pour encadrer les renseignements personnels. En copropriété divise, le syndicat et le conseil d’administration (CA) gèrent de nombreuses données: coordonnées des copropriétaires, numéros d’unité, avis de cotisations, dossiers de sinistre, caméras, intercom, etc. D’où l’importance de désigner officiellement le responsable des renseignements personnels et de documenter vos pratiques.

Le terme recherché « responsable protection renseignements personnels copropriete loi 25 » renvoie, concrètement, à la personne que votre CA désigne pour appliquer la Loi 25, coordonner les politiques et répondre aux demandes liées à la vie privée.

Dans cet article, vous verrez qui est visé, comment nommer ce responsable, ce qu’il doit faire au quotidien et les outils minimums à mettre en place pour que votre syndicat reste conforme et protège les données des copropriétaires.

Qui est visé par la Loi 25 en copropriété?

  • La Loi 25 modernise la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé (RLRQ, c. P-39.1). Elle s’applique aux organisations qui recueillent, détiennent ou communiquent des renseignements personnels dans le cadre de l’exploitation d’une entreprise.
  • En pratique, les syndicats de copropriété administrent un immeuble, engagent des fournisseurs et traitent des données personnelles. Ils doivent donc respecter les obligations clés: désignation d’un responsable, politiques, registre des incidents et transparence (cf. art. 3.1, 3.2 et 3.5 à 3.8 de la Loi P-39.1 sur LégisQuébec).
  • Si aucune personne n’est désignée, la loi prévoit que la personne ayant la plus haute autorité au sein de l’organisation (souvent la présidence du CA) assume d’office ce rôle, avec possibilité de délégation écrite (art. 3.1 P-39.1).

Pour approfondir le contexte et l’application en milieu de condo, voyez aussi le dossier du RGCQ et l’encadrement légal mis à jour par la Loi 25 (L.Q. 2021, c. 25).

Comment nommer le responsable de la protection des renseignements personnels?

  • Décision formelle du CA: adoptez une résolution qui désigne la personne (administrateur, gestionnaire externe, ou autre mandataire). Inscrivez la décision au procès-verbal (PV) du CA, puis informez les copropriétaires à la prochaine AGA.
  • Délégation écrite: si la personne de plus haute autorité n’assume pas directement le rôle, consignez une délégation nominative et datée, précisant l’étendue des fonctions (art. 3.1 P-39.1).
  • Coordonnées publiques: si la copropriété a un site web, publiez le titre du responsable et ses coordonnées professionnelles (art. 3.2 P-39.1). À défaut, assurez-vous que l’information figure dans une communication accessible (p. ex. avis affiché ou envoi courriel aux copropriétaires).
  • Mise à jour continue: quand le responsable change, refaites la résolution, mettez à jour la politique et avisez vos partenaires (gestion, conciergerie, sécurité, comptabilité).

Astuce pratique: annexez la désignation au règlement de l’immeuble ou au manuel d’accueil des copropriétaires pour faciliter les rappels et transitions au sein du CA.

Responsabilités clés du responsable RP au quotidien

Le responsable de la protection des renseignements personnels (RP) n’est pas seul à « tout faire », mais il pilote et coordonne. Voici les volets essentiels à couvrir.

  • Gouvernance documentaire
    • Établir et tenir à jour une politique de confidentialité adaptée à la copropriété.
    • Définir des lignes directrices pour la conservation et la destruction sécuritaire des dossiers (numériques et papier).
    • Déterminer qui a accès à quoi (parties communes vs. dossiers sensibles: sinistres, réclamations d’assurance, plaintes).
  • Demandes des personnes concernées
    • Répondre aux demandes d’accès ou de rectification des copropriétaires dans les délais raisonnables prévus à la loi.
    • Consigner les demandes et réponses pour traçabilité.
  • Registre des incidents de confidentialité
    • Documenter tout incident impliquant un renseignement personnel, évaluer le risque de préjudice sérieux et décider des avis requis (art. 3.5 à 3.8 P-39.1 sur LégisQuébec).
  • Gestion des fournisseurs
    • Vérifier que les contrats (gestion, sécurité, TI, caméras, intercom, plateforme comptable) contiennent des clauses de confidentialité conformes.
    • Limiter les accès aux seuls besoins du mandat et prévoir la restitution/suppression des données en fin de contrat.
  • Sensibilisation du CA et des bénévoles
    • Rappeler les bonnes pratiques: mots de passe, partage minimal, envoi sécurisé des PV et états financiers, prudence avec les listes de courriels.

Politiques, registres et conservation: ce que votre syndicat doit prévoir

Une conformité efficace repose sur quelques documents simples, adaptés à la réalité de votre immeuble.

  • Politique de confidentialité (externe)
    • Objectif: expliquer quelles données sont collectées (p. ex. coordonnées, véhicules, plaques, caméra, enregistrements d’intercom), à quelles fins (gestion des charges communes, sécurité, communication des avis), et les droits des personnes.
    • Publication: sur le site web du syndicat s’il existe; sinon, partage par courriel ou cartable numérique des copropriétaires.
  • Cadre de gouvernance des renseignements (interne)
    • Rôles, processus d’accès, conservation/destruction, journalisation, contrôle des supports physiques et infonuagiques.
    • Intégrer un gabarit d’évaluation des risques pour nouveaux projets (p. ex. ajout de caméras ou d’un système de clé intelligente). Certaines activités peuvent nécessiter une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée avant déploiement.
  • Registre des incidents
    • Tenir un registre continu, même si aucun avis externe n’est requis. Ce registre doit décrire l’incident, les renseignements visés, l’évaluation du risque et les mesures prises (art. 3.8 P-39.1).
  • Calendrier de conservation
    • Définir des durées en fonction des obligations légales et utiles à la gestion: p. ex., PV et registres corporatifs (conservation longue), dossiers de sinistre (au moins plusieurs années après fermeture), justificatifs comptables (selon exigences fiscales). Référez-vous aux directives de Revenu Québec pour les pièces fiscales.

Exemples d’applications concrètes en condo

  • Intercom et caméras: annoncez la présence de caméras, limitez l’angle de vue aux parties communes nécessaires, définissez une durée de rétention courte (ex.: 14–30 jours selon les besoins réels) et contrôlez les accès.
  • Outils numériques: plateformes de gestion, de comptabilité et d’envoi d’avis doivent être protégées (mots de passe forts, double facteur si possible). Séparez les accès du CA et révoquez ceux des ex-administrateurs.
  • Partage d’information entre copropriétaires: évitez d’envoyer publiquement les coordonnées complètes de tiers. Utilisez des listes masquées et des documents expurgés au besoin.

Pour un survol sectoriel complémentaire, consultez aussi les lignes directrices de l’OACIQ relatives à la gestion des renseignements personnels en immobilier.

Gérer un incident de confidentialité: étapes rapides

Un incident de confidentialité, c’est l’accès, l’utilisation, la communication, la perte ou toute atteinte à un renseignement personnel non autorisée. Exemple: un laptop du CA perdu, un envoi de PV à la mauvaise liste, un accès non autorisé aux enregistrements de caméras.

Voici une séquence d’intervention adaptée à un syndicat de copropriété, en cohérence avec la Loi P-39.1 (art. 3.5 à 3.8):

  1. Contenir
    • Coupez l’accès compromis (changer des mots de passe, désactiver un compte, récupérer ou effacer à distance un appareil).
  2. Évaluer le risque de préjudice sérieux
    • Nature des renseignements (coordonnées, informations financières, données sensibles), nombre de personnes touchées, probabilité d’usage malveillant.
  3. Documenter dans le registre
    • Décrire l’incident, les personnes potentiellement touchées, l’analyse du risque et les mesures correctives.
  4. Avise r au besoin
    • Si le risque de préjudice sérieux est établi, avisez sans délai les personnes concernées et l’autorité compétente selon la loi applicable. L’avis doit permettre aux personnes de réduire le risque (surveillance de comptes, changement de mots de passe, etc.).
  5. Corriger durablement
    • Ajuster les contrôles: formation du CA, durcir les accès, modifier les procédures d’envoi des documents et revoir la rétention.

Important: la Loi exige de conserver le registre des incidents et de pouvoir le présenter sur demande. Même un incident « mineur » doit être consigné.

Plan d’implantation en 5 étapes pour votre CA

  • État des lieux (2-3 réunions du CA)
    • Dresser l’inventaire des données: quelles informations, où, qui y accède, pour quelle fin.
  • Désignation et publication
    • Résolution du CA, délégation écrite au besoin, coordonnées publiées, information aux copropriétaires.
  • Documentation minimale
    • Politique externe, cadre interne, registre des incidents, calendrier de conservation.
  • Clauses contractuelles
    • Ajouter des annexes « confidentialité » aux contrats fournisseurs actuels et futurs (accès limité, sous-traitance, fin de mandat: restitution/destruction, avis d’incident).
  • Formation et révision annuelle
    • 30 minutes à l’AGA pour présenter la politique et rappeler les bons réflexes; revue annuelle des accès et du registre par le responsable RP.

Ressources officielles à consulter

  • Texte consolidé: Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé (P-39.1)
  • Cadre législatif modernisé: L.Q. 2021, c. 25 (Loi 25)
  • Dossiers pratiques en copropriété: RGCQ

Vous cherchez des gabarits (résolution, politique, registre)? Jetez un œil à nos pages services pour voir comment l’accompagnement peut structurer votre documentation: services en gestion administrative et gestion financière.


En résumé, nommer le responsable RP, documenter quelques procédures simples et tenir un registre d’incidents vous placent déjà sur la bonne voie. Le reste tient à la discipline du CA: minimiser les données, limiter l’accès, et réviser annuellement. Cela protège les copropriétaires, réduit les risques et améliore la confiance lors des AGA.

Pour poursuivre, parcourez nos ressources au blogue ou échangez avec nous sur un plan d’implantation réaliste pour votre syndicat.

Cet article fournit de l’information générale et ne constitue pas un avis juridique. Pour votre situation, consultez un avocat ou un notaire.

Vous gérez une copropriété au Québec ? Découvrez nos forfaits ou contactez-nous pour évaluer vos besoins.

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