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28/08/2026
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Relogement temporaire en copropriété : qui paie au Québec?

Par Muriel Druart, directrice, service client

Quand un condo devient inhabitable à cause d’un sinistre ou de travaux majeurs, la question revient vite : qui assume le relogement temporaire? En copropriété divise au Québec, la réponse dépend du scénario, des assurances en place et de ce que prévoit la DCV (déclaration de copropriété). Vous trouverez ici des repères pratiques pour décider rapidement et éviter les conflits entre copropriétaires et le conseil d’administration (CA).

Pour les moteurs de recherche et pour vous orienter clairement, nous abordons la question suivante : relogement temporaire copropriété Québec qui paie, selon le cas et les couvertures disponibles.

Quand le relogement temporaire s’impose

Un relogement devient nécessaire quand l’unité n’est plus sécuritaire ni habitable. Cela arrive surtout dans deux contextes :

  • Sinistre assuré : dégât d’eau majeur, incendie, fumée, contamination, effondrement localisé.
  • Travaux sur les parties communes : remplacement de colonnes montantes, membranes, structure, ventilation, ou assèchement invasif à la suite d’un sinistre.

Une évacuation peut aussi être ordonnée par une autorité (service d’incendie, municipalité). Dans tous les cas, le CA doit documenter la décision, aviser par écrit, et coordonner avec les assureurs. Appuyez-vous sur le carnet d’entretien / EUC et sur les rapports d’entrepreneurs qualifiés pour justifier l’inhabitabilité, au besoin en consultant la RBQ – Choisir un entrepreneur.

Qui paie? Les grands principes à connaître

Plusieurs acteurs peuvent être mis à contribution : le copropriétaire via son assurance, le syndicat et son assureur, l’entrepreneur responsable ou une personne fautive. Voici les grandes lignes, à adapter à votre DCV et à vos polices d’assurance.

1) Sinistre assuré touchant l’unité (parties privatives)

  • En pratique, les « frais de subsistance supplémentaires » (logement temporaire, repas) relèvent le plus souvent de l’assurance du copropriétaire. Cette garantie s’applique quand l’unité devient inhabitable à cause d’un risque assuré.
  • Si un tiers est fautif (ex. entrepreneur, autre copropriétaire), l’assureur du copropriétaire peut exercer un recours subrogatoire contre le responsable.
  • Le syndicat peut devoir remettre en état les parties communes endommagées, via son assurance bâtiment (art. 1073 C.c.Q., voir Code civil du Québec). Cela ne signifie pas, en soi, qu’il paie le relogement du copropriétaire.

2) Sinistre provenant des parties communes

  • Si le sinistre provient d’un bris d’une partie commune (colonne montante, toiture), l’assureur du syndicat indemnise les dommages assurés au bâtiment. Le relogement de l’occupant demeure généralement du ressort de l’assurance du copropriétaire, sauf clause particulière.
  • Si une faute du syndicat ou de son entrepreneur est établie, la responsabilité civile pourrait être engagée. Dans ce cas, certains frais de relogement peuvent être réclamés au responsable, sous réserve des preuves.
  • La franchise d’assurance du syndicat peut, dans certaines situations, être imputée selon les règles de l’art. 1074.2 C.c.Q. quand le dommage est attribuable à une partie privative déterminée; consultez le C.c.Q..

3) Travaux majeurs planifiés par le syndicat (sans sinistre)

  • Pour des travaux de préservation ou de remplacement des parties communes planifiés par le syndicat, il n’existe généralement pas d’obligation légale de payer le relogement des copropriétaires, à moins que la DCV, un règlement de l’immeuble ou une résolution d’AGA le prévoie explicitement.
  • L’assurance du copropriétaire couvre rarement un relogement en l’absence d’un sinistre assuré. Vérifiez la police; certaines prévoient une protection limitée en cas d’interdiction d’occuper par une autorité, pour une durée restreinte.
  • Les coûts des travaux sont financés par les charges communes / frais de condo / cotisations approuvées au budget annuel ou via un prélèvement spécial, selon l’art. 1064 C.c.Q. (voir Art. 1064 C.c.Q.). Le fonds de prévoyance sert aux réparations et remplacements majeurs des parties communes, pas à payer des loyers temporaires.

4) Ordre d’évacuation d’une autorité publique

  • Si les autorités interdisent l’accès pour des raisons de sécurité, le paiement dépend encore de la source du problème et des assurances. L’assurance du copropriétaire peut offrir une protection limitée dite « interdiction par les autorités » quand l’événement est un risque assuré.
  • À défaut, les coûts peuvent rester à la charge de l’occupant, sauf entente volontaire du syndicat ou responsabilité établie d’un tiers.

5) Cas impliquant la responsabilité d’un tiers

  • Si un entrepreneur a mal exécuté des travaux, son assurance responsabilité peut être mise en cause. Le CA doit choisir des entrepreneurs valides et détenir les preuves de licence et d’assurances, conformément aux bonnes pratiques de la RBQ – Assurance, qualité et garanties.

Les textes à garder en tête et le rôle de la DCV

  • Objet du syndicat et devoir de conservation de l’immeuble (art. 1039 C.c.Q.) : le syndicat doit préserver l’immeuble et administrer les parties communes dans l’intérêt collectif. Référence : Code civil du Québec.
  • Assurance du syndicat (art. 1073 C.c.Q.) : le syndicat maintient une assurance couvrant l’immeuble. Elle vise principalement les dommages matériels au bâtiment assuré.
  • Franchise et répartition de certains coûts liés à un sinistre (art. 1074.2 C.c.Q.) : la franchise peut, dans des cas précis, être imputée au copropriétaire d’où le sinistre a pris naissance, sous conditions.
  • Contributions des copropriétaires (art. 1064 C.c.Q.) : financement des dépenses communes et du fonds de prévoyance.

Votre DCV et le règlement de l’immeuble peuvent préciser la conduite à suivre pendant des travaux, l’accès aux unités et, parfois, un cadre d’indemnisation. À défaut, une résolution d’AGA peut autoriser une mesure exceptionnelle et encadrée. Le RGCQ publie des guides utiles sur les sinistres et l’assurance en copropriété.

Processus recommandé pour le CA en cas de relogement

  1. Évaluer l’habitabilité avec un professionnel qualifié; conserver rapports, photos et avis.
  2. Aviser rapidement l’occupant, le sinistré et les assureurs (copropriétaire et syndicat); documenter chaque étape dans le PV du CA.
  3. Vérifier la DCV, le règlement et les polices d’assurance pour identifier le payeur probable.
  4. Décider des travaux, planifier l’accès aux parties privatives et aux parties communes, et choisir des entrepreneurs licenciés.
  5. Confirmer par écrit la durée estimée d’inhabitabilité et les mesures d’atténuation (travail par phases, horaires, protections).
  6. Encadrer toute avance ou remboursement par une entente écrite approuvée par le CA; préciser que l’indemnité nette d’assurance sera déduite.
  7. Réviser le budget et, au besoin, ajuster les charges communes; si requis, convoquer l’AGA pour ratifier une résolution exceptionnelle.

Pour structurer ces étapes, voyez nos pages Services, dont la gestion des opérations pour les travaux et sinistres, la gestion administrative pour les avis et PV, et la gestion financière pour le suivi budgétaire.

Qui paie quoi? Aperçu rapide

Le tableau suivant illustre des tendances courantes. Vérifiez toujours vos contrats et votre DCV.

Scénario Payeur le plus fréquent À surveiller
Sinistre assuré rendant l’unité inhabitable Assurance du copropriétaire (frais de subsistance) Subrogation possible contre le responsable; preuves d’inhabitabilité
Sinistre provenant d’une partie commune Assurance du syndicat pour les dommages au bâtiment; relogement souvent via l’assurance du copropriétaire Responsabilité potentielle du syndicat ou de l’entrepreneur
Travaux majeurs planifiés sans sinistre Habituellement à la charge de l’occupant (pas d’assurance pour relogement) Clauses DCV; résolution d’AGA possible pour mesures temporaires
Ordre d’évacuation d’une autorité Parfois assurance du copropriétaire (si risque assuré), sinon occupant Durée couverte limitée; cause de l’interdiction
Faute d’un tiers (entrepreneur) Assureur du tiers fautif Exiger licences et assurances, recours coordonnés

Bonnes pratiques pour limiter coûts et tensions

  • Communiquer tôt et souvent. Un calendrier clair réduit les malentendus et protège le CA.
  • Planifier selon l’EUC/carnet d’entretien. Des travaux prévisibles, groupés et bien séquencés, raccourcissent l’inoccupation.
  • Proposer des mesures d’atténuation raisonnables : phasage des travaux, accès limité en dehors des heures de sommeil, protections anti-poussière.
  • Encadrer les avances. Si le syndicat avance une somme exceptionnelle, exigez les preuves d’indemnité et prévoyez la compensation dans la comptabilité.
  • Faire valider les entrepreneurs et leurs couvertures. Consultez les recommandations de la RBQ – Engager un entrepreneur.

Pour approfondir ces sujets, consultez notre blog et voyez nos forfaits adaptés aux syndicats de la grande région de Montréal.

Foire aux questions

  • Le syndicat peut-il décider de rembourser une partie du relogement?
    Oui, par résolution dûment adoptée et documentée au PV, surtout si l’inhabitabilité résulte de travaux sur les parties communes. Prévoyez un cadre, un plafond et une durée.
  • Le fonds de prévoyance peut-il servir au relogement?
    Non. Le fonds de prévoyance vise les réparations et remplacements majeurs des parties communes. Les dépenses d’exploitation se financent via les charges communes courantes ou un prélèvement spécial approuvé.
  • Et si l’unité est louée à un locataire?
    Les règles d’assurance demeurent similaires. Le copropriétaire doit aviser son assureur; le locataire devrait aussi avoir une assurance habitation couvrant ses frais supplémentaires. Les droits locatifs s’ajoutent; consultez un juriste au besoin.

Cet article fournit de l’information générale et ne constitue pas un avis juridique. Pour votre situation, consultez un avocat ou un notaire.

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