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01/08/2026Fourmis charpentières en copropriété au Québec: qui paie?
Les fourmis charpentières nuisent à la structure et au confort d’un immeuble. En copropriété divise, la question revient vite: qui paie l’extermination et les réparations? La réponse dépend surtout de l’origine de l’infestation et de ce que prévoient la DCV (déclaration de copropriété) et le Code civil du Québec (C.c.Q.).
Pour le conseil d’administration (CA) et les copropriétaires, une démarche méthodique permet d’attribuer les coûts de façon équitable, de documenter les décisions au PV (procès-verbal) et d’éviter des litiges inutiles. Voici un guide pratique pour évaluer les responsabilités, choisir les bons experts et prévenir le retour des fourmis.
Avant tout, rappelez-vous que les fourmis charpentières s’installent surtout dans du bois humide ou endommagé. L’infestation est donc souvent le symptôme d’un problème d’entretien (infiltration, condensation, pont thermique) qui peut toucher des parties communes ou privatives.
Identifier et localiser l’infestation
L’attribution des coûts commence par une bonne enquête. Le CA doit établir d’où proviennent les fourmis et quels éléments du bâtiment sont atteints.
Indicateurs courants:
- Présence de sciure (frass) au pied des murs, plinthes ou cadres de porte.
- Trajets de fourmis, surtout en soirée, près des fenêtres, balcons ou entrées de service.
- Boiseries spongieuses, odeur d’humidité, peinture boursouflée.
- Sons de grattement léger dans des cloisons lorsqu’on les tapote.
Bonnes pratiques d’enquête:
- Faire inspecter par un exterminateur licencié, qui produira un rapport précisant l’espèce, les lieux d’activité et les ouvertures à traiter. Vérifiez la licence sur le site de la RBQ.
- Croiser ces constatations avec les dossiers d’entretien (carnet d’entretien / EUC) et les rapports d’inspection récents.
- Rechercher les sources d’eau: joints de fenêtres, toitures, solins, sorties mécaniques, colonnes de plomberie.
Ressources utiles:
- LégisQuébec – Code civil du Québec (C.c.Q.)
- RBQ – Vérifier la licence d’un entrepreneur
- RGCQ – Ressources en copropriété
Pour un accompagnement opérationnel continu (gestion des fournisseurs, ordres de travail, suivis), consultez la page Services – Gestion des opérations de multiRent: https://www.multirent.ca/services/#gestion-des-operations
Qui paie? Règles générales selon la DCV et le C.c.Q.
En copropriété, le principe de base est que chaque copropriétaire contribue aux charges communes selon la valeur relative de sa fraction (cf. art. 1064 C.c.Q.). Cela signifie que lorsqu’un problème concerne des parties communes, la dépense est généralement assumée par le syndicat via les charges communes (frais de condo). Quand l’origine se situe dans une partie privative et résulte d’un défaut d’entretien imputable au copropriétaire, ce dernier assume habituellement la dépense.
Ce qu’il faut analyser avant d’attribuer la facture:
- Origine et étendue: le nid est-il dans une structure porteuse, un balcon, un mur mitoyen (parties communes) ou dans un caisson d’armoire de cuisine (souvent privatif)?
- Lien de causalité: l’infestation est-elle provoquée par une infiltration provenant d’une membrane de toiture (commune) ou par une fuite d’un appareil privatif (ex.: lave-vaisselle mal raccordé)?
- Prévisions de la DCV et du règlement de l’immeuble: plusieurs DCV détaillent la répartition des responsabilités pour l’entretien et les réparations de composantes ambiguës (fenêtres, portes, balcons). Il faut s’y référer en priorité.
- Assurance: si une réclamation d’assurance est impliquée, la répartition du défaut ou de la négligence et l’imputation d’une franchise peuvent s’appliquer (cf. dispositions du C.c.Q., notamment sur l’imputation de la franchise au copropriétaire à l’origine du sinistre, art. 1074.1 C.c.Q., lorsque les conditions sont réunies).
En pratique:
- Parties communes (structure, ossature, murs porteurs, toitures, colonnes de plomberie, isolants communs): le syndicat assume généralement l’extermination et la remise en état, payées par les charges communes.
- Parties privatives (finis intérieurs, mobilier intégré, appareils du copropriétaire): la facture revient souvent au copropriétaire, surtout si un défaut d’entretien a créé un milieu propice.
- Zones mixtes (ex.: fenêtres, balcons): tout dépend de la DCV. Certains syndicats considèrent ces éléments comme communs à usage restreint; d’autres les attribuent aux privatives. Vérifiez la DCV et les règlements.
Pour lire le texte du Code civil du Québec, consultez LégisQuébec: https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/CCQ-1991
Démarche du CA: de l’avis à la résolution
Une procédure claire limite les malentendus et protège le syndicat.
- Ouverture du dossier
- Recevoir le signalement (courriel, formulaire de maintenance, appel). Accuser réception et demander des photos/vidéos.
- Émettre un avis d’accès aux unités potentiellement touchées, avec délais raisonnables ou immédiat en cas d’urgence.
- Constat et expertise
- Mandater un exterminateur licencié pour inspection et plan de traitement. Demander un rapport écrit localisant l’origine présumée et les travaux requis.
- Au besoin, mandater un expert en enveloppe du bâtiment pour détecter l’infiltration source (toiture, joints, solins, pare-air).
- Décision et attribution des coûts
- Analyser la DCV et le règlement de l’immeuble. Documenter le raisonnement (origine, parties touchées, clauses applicables).
- Adopter une résolution du CA qui autorise les travaux, précise le payeur (syndicat vs copropriétaire) et les suivis. Inscrire le tout au PV.
- Travaux et communication
- Coordonner l’extermination, puis les réparations (assèchement, remplacement des bois affectés, scellement). Prioriser les causes d’humidité.
- Informer les copropriétaires des interventions, échéanciers, règles d’accès et consignes (animaux, préparation des lieux).
- Clôture et prévention
- Archiver rapports, photos, factures, correspondances et décisions.
- Mettre à jour le carnet d’entretien / EUC et, si nécessaire, intégrer des inspections saisonnières ciblées.
Pour des gabarits de communication et de suivi, voyez le blogue de multiRent: https://www.multirent.ca/blogue/
Répartition des coûts: cas types et repères
Les lignes ci-dessous offrent des repères généraux. La DCV et l’expertise technique priment toujours.
| Situation observée | Payeur habituel | Preuves/repères clés |
|---|---|---|
| Nid dans un mur porteur près d’un solin défectueux | Syndicat (charges communes) | Rapport d’expertise sur infiltration provenant d’un détail d’enveloppe commun; photos. |
| Infestation sous un balcon en bois (usage restreint) | Selon DCV (souvent syndicat) | DCV qualifiant le balcon (commun à usage restreint vs privatif); rapport d’humidité. |
| Fourmis dans des armoires de cuisine, fuite d’un lave-vaisselle | Copropriétaire | Rapport d’exterminateur + constat de fuite privative; absence de vice commun. |
| Dégradation autour d’une fenêtre, infiltration par solin de façade | Selon DCV (fenêtre commune vs privative) | Clauses DCV sur fenêtres; test d’arrosage démontrant infiltration par détail commun. |
| Nid au plancher près d’une colonne de plomberie commune | Syndicat | Plans/rapports confirmant la portion commune; photos de dégarnissage. |
| Récurrence après traitement, absence de correction de la cause d’humidité | Même répartition qu’à l’origine | Suivi montrant cause non corrigée; nécessité de travaux d’enveloppe. |
Note assurance: si un sinistre assuré découle de l’infestation (dégât d’eau, démolition/remise en état), la franchise ou une partie des coûts pourrait être imputée selon les règles du C.c.Q. et la police. Voir le C.c.Q. sur LégisQuébec: https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/CCQ-1991
Prévenir les fourmis charpentières: plan d’entretien
La meilleure dépense est souvent celle qu’on évite grâce à l’entretien préventif.
Mesures prioritaires pour le syndicat (parties communes):
- Inspecter visuellement l’enveloppe à chaque printemps et automne (solins, joints, scellants, larmiers, relevés de toiture, appuis de fenêtres, seuils de portes).
- Tenir à jour un programme de calfeutrage et de scellement des pénétrations (mécaniques/électriques).
- Élaguer la végétation touchant le revêtement; garder le bois hors contact du sol.
- Gérer l’eau: pentes de terrain, gouttières, drains fonctionnels, clapets de sortie scellés.
- Après tout dégât d’eau, assécher rapidement et vérifier les cavités.
Bonnes pratiques pour les copropriétaires (parties privatives):
- Surveiller fuites d’appareils (lave-vaisselle, frigo, laveuse), joints de silicone, siphons.
- Éviter d’entreposer du bois humide; dégager les plinthes pour inspection visuelle périodique.
- Aviser promptement le CA de tout signe d’humidité, de sciure ou de trajets de fourmis.
- Autoriser l’accès pour inspection/traitement; suivre les consignes de préparation.
Choix des fournisseurs:
- Retenir des entrepreneurs et exterminateurs dûment licenciés et assurés. Vérifiez la licence à la RBQ: https://www.rbq.gouv.qc.ca/trouver-un-entrepreneur/
- Exiger des rapports écrits avec photos, recommandations correctives et garantie de service réaliste.
En cas de mise en vente d’une fraction, rappelez qu’une infestation connue ou des réparations structurelles peuvent devoir être divulguées au courtier et à l’acheteur. Voir l’OACIQ – Déclaration du vendeur: https://www.oaciq.com/fr/articles/la-declaration-du-vendeur
FAQ rapides
Q1. Le CA peut-il exiger l’accès à une unité pour inspection/traitement?
Oui, lorsque des travaux nécessaires à la conservation de l’immeuble ou à la sécurité l’exigent, un accès raisonnable peut être requis. Un avis préalable est habituel, sauf urgence.
Q2. Doit-on traiter toutes les unités ou seulement la partie atteinte?
Cela dépend du plan de traitement de l’exterminateur. Les fourmis charpentières se déplacent; un traitement ciblé des zones adjacentes et des points d’entrée extérieurs est souvent recommandé.
Q3. Un copropriétaire peut-il se faire rembourser des frais d’extermination engagés de son côté?
C’est possible si l’origine était commune et que le CA l’autorise après analyse des preuves et de la DCV. Il est préférable d’aviser le CA avant toute dépense et d’attendre ses directives.
Pour structurer la prévention et le suivi des interventions, voyez les services de multiRent en gestion des opérations: https://www.multirent.ca/services/#gestion-des-operations et comparez les forfaits: https://www.multirent.ca/#forfaits
Cet article fournit de l’information générale et ne constitue pas un avis juridique. Pour votre situation, consultez un avocat ou un notaire.
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