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La colocation en copropriété divise attire de plus en plus de copropriétaires et d’étudiants à Montréal et sur la Rive-Sud. Louer des chambres dans un condo peut optimiser l’occupation et réduire vos frais de condo. Mais entre la DCV (déclaration de copropriété), le règlement de l’immeuble, le bail et les assurances, que dit la loi au Québec? Voici un guide pratique, à jour au 2026-06-04, pour louer des chambres en respectant vos obligations et celles du syndicat.
Ce que la DCV permet (et encadre) en colocation
Dans une copropriété divise, la DCV et le règlement de l’immeuble fixent la destination de l’immeuble et les règles d’occupation. En principe, la location d’une partie privative (votre unité) est permise, mais elle doit respecter la destination (ex.: résidentielle) et la quiétude des parties communes.
- Le conseil d’administration (CA) peut imposer des modalités raisonnables liées aux déménagements, à l’enregistrement des occupants et à la sécurité (clés, intercom, ascenseurs).
- Des clauses sur le nombre maximal d’occupants, les animaux, le bruit et l’usage des stationnements sont fréquentes et opposables aux locataires et colocataires.
- Le syndicat ne peut pas retirer un droit prévu au Code civil du Québec (C.c.Q.), mais il peut réglementer l’usage selon la destination de l’immeuble et le règlement de l’immeuble (cf. C.c.Q., art. 1039 à 1109; art. 1063 et 1064, LégisQuébec).
Référez-vous toujours à votre DCV, au règlement et aux décisions consécutives à l’AGA. Les exigences adoptées en assemblée et consignées au PV s’appliquent à tous les occupants, qu’ils soient colocataires ou sous-locataires.
Louer des chambres: colocation, sous-location ou baux distincts?
L’expression « louer des chambres » recouvre plusieurs réalités juridiques. Bien distinguer ces scénarios aide à éviter des litiges.
- Colocation (co-locataires): toutes les personnes signent un même bail avec le copropriétaire-bailleur. Elles sont généralement solidaires pour le loyer et les obligations locatives.
- Sous-location: une personne déjà locataire cède l’usage d’une chambre à un tiers avec l’accord du bailleur. L’autorisation ne peut être refusée sans motif sérieux (cf. C.c.Q., art. 1870, LégisQuébec). En copropriété, le bailleur est le copropriétaire, et non le syndicat.
- Baux distincts par chambre: chaque occupant a un bail séparé pour une chambre et un droit d’usage des aires communes de l’unité. Cette formule multiplie les relations locatives et exige une gestion plus serrée du règlement intérieur.
Peu importe la formule, les occupants doivent respecter la DCV, le règlement de l’immeuble et les règles d’usage des parties communes. Intégrez au bail ou à un addenda une clause claire obligeant le respect de la copropriété (règlement, consignes, amendes prévues, etc.).
Clauses utiles à prévoir dans vos documents
- Remise et restitution des clés/fobs et accès à l’intercom.
- Respect du calme, interdiction de fumer selon le règlement, gestion des visiteurs, et heures d’usage des équipements (piscine, gym, terrasse).
- Obligation de souscrire une assurance responsabilité civile locataire et de fournir une preuve annuelle.
- Obligation d’aviser rapidement de tout dégât d’eau ou sinistre touchant les parties privatives et, au besoin, les parties communes.
Règles du syndicat et rôle du CA à ne pas négliger
Le CA administre les parties communes et veille à l’application de la DCV. En contexte de colocation:
- Déclaration des occupants: plusieurs syndicats exigent que le copropriétaire fournisse les coordonnées des colocataires et la durée des baux pour la sécurité et les urgences. Cela facilite les communications et le respect des consignes.
- Déménagements: des plages horaires, des dépôts pour l’ascenseur et des procédures de réservation peuvent s’appliquer. Consultez les directives du règlement de l’immeuble.
- Nuisances et quiétude: le CA peut intervenir en cas de bruit, d’odeurs, d’encombrement des corridors, ou d’usage non conforme à la destination résidentielle.
- Location de courte durée: souvent restreinte ou interdite par règlement et par la destination; ne confondez pas colocation à moyen/long terme et hébergement de type touristique.
En cas d’infraction répétée, le syndicat peut, selon la DCV, imposer des pénalités raisonnables et exercer des recours (mise en demeure, injonction). Le copropriétaire demeure responsable des agissements de ses occupants à l’égard des charges communes et des dommages causés aux parties communes.
Impacts financiers, assurances et conformité
- Charges communes et cotisations: les frais de condo demeurent à la charge du copropriétaire. Une occupation plus intensive peut accroître l’usure; gardez un œil sur le carnet d’entretien (EUC) et les recommandations touchant le fonds de prévoyance.
- Assurance: informez votre assureur que l’unité est en colocation. Exigez une assurance responsabilité civile locataire pour chaque occupant. Vérifiez les exclusions liées aux sinistres (ex.: dégât d’eau) et aux activités interdites par la DCV.
- Fiscalité: les loyers perçus constituent généralement des revenus de location. Prévoyez l’allocation raisonnable des dépenses (intérêts, taxes, entretien) selon l’espace et le temps d’occupation. Consultez les lignes directrices de Revenu Québec.
- Conformité et sécurité: respectez les règles de sécurité (détecteurs de fumée, entretien des chauffe-eau, etc.). Aucune transformation ne doit altérer les éléments communs sans autorisation préalable du syndicat et, au besoin, l’implication d’entrepreneurs conformes.
Pour un rappel des cadres applicables:
- Code civil du Québec – copropriété divise, obligations des copropriétaires et des occupants (cf. art. 1039 à 1109, art. 1063-1064): LégisQuébec.
- Bail d’un logement, sous-location et cession (ex.: cf. art. 1870 C.c.Q.): LégisQuébec.
- Revenus de location (déclaration et dépenses admissibles): Revenu Québec.
- Bonnes pratiques en copropriété (gouvernance, règlement): RGCQ et RGCQ – La copropriété.
Procédure recommandée pour un copropriétaire qui loue des chambres
- Vérifier les documents de la copropriété
Relisez la DCV, le règlement de l’immeuble et les résolutions récentes (AGA, PV). Repérez les clauses sur l’occupation maximale, les déménagements, les dépôts, et l’interdiction d’hébergement touristique.
- Choisir le bon montage juridique
Déterminez si vous optez pour un bail commun (colocataires), des baux distincts par chambre, ou une sous-location. Précisez la répartition des espaces: chambres (usage exclusif) et aires communes (cuisine, salon, salle de bain) au sein des parties privatives.
- Rédiger un bail et un addenda adaptés à la copropriété
Intégrez un addenda « copropriété »: respect de la DCV, du règlement, des avis du CA, pénalités applicables, consignes pour les parties communes et privées. Prévoyez l’obligation d’assurance responsabilité civile du locataire et la remise des clés/fobs.
- Déclarer les occupants au syndicat
Transmettez au gestionnaire ou au CA les coordonnées des occupants, la durée des baux et, s’il y a lieu, la réservation d’ascenseur pour le déménagement.
- Mettre en place une gestion quotidienne claire
Calendrier pour les bacs, règles de propreté des espaces communs de l’unité, procédure en cas de bruit, et canal de communication pour les réparations (ex.: fuite, intercom défectueux). Conservez les preuves d’avis et interventions.
- Surveiller l’entretien et les coûts
Documentez l’état des lieux (photos/vidéos). Respectez les entretiens prescrits au carnet d’entretien. Anticipez les remplacements (ex.: chauffe-eau) pour éviter un sinistre et des réclamations au syndicat.
Pour des outils et gabarits de gestion, voyez notre volet gestion administrative et notre blogue.
Risques à éviter et recours fréquents du syndicat
- Sur-occupation et nuisances: un trop grand nombre d’occupants peut contrevenir à la destination résidentielle et au règlement (bruit, odeurs, va-et-vient). Le CA peut émettre des avis d’infraction et, au besoin, entreprendre des recours.
- Transformation non autorisée: cloisonner une aire ouverte pour créer une « chambre » peut toucher l’aération, la sécurité ou les parties communes (structure, fenêtres). Obtenez les autorisations nécessaires avant toute modification.
- Non-déclaration des occupants: retarde les communications d’urgence, complique la gestion des stationnements et l’accès aux aires communes (piscine, gym). Plusieurs DCV prévoient des pénalités en cas d’omission.
- Assurance inadéquate: un sinistre causé par un occupant sans assurance peut coûter cher. Le copropriétaire reste responsable envers le syndicat pour les dommages aux parties communes.
FAQ – Colocation et copropriété au Québec
Un syndicat peut-il interdire la colocation dans un condo?
Dans la plupart des cas, non. Il peut toutefois réglementer l’usage en fonction de la destination de l’immeuble, des nuisances et des règles de sécurité. Les occupants doivent se conformer à la DCV et au règlement.
Puis-je signer un bail distinct pour chaque chambre?
Oui, si la DCV ne l’interdit pas et que l’usage demeure résidentiel. Cette formule exige un addenda clair pour l’usage des espaces communs de l’unité et le respect du règlement de l’immeuble.
Le CA peut-il exiger une copie des baux?
Le CA peut demander les informations nécessaires à l’application du règlement (coordonnées des occupants, période d’occupation, preuve d’assurance, attestation de remise du règlement). L’ingérence dans les autres clauses du bail est limitée au respect de la copropriété et de la loi.
Qui paie les frais de condo et les pénalités?
Les charges communes et les cotisations demeurent à la charge du copropriétaire. Les pénalités prévues à la DCV pour des manquements d’occupants peuvent lui être réclamées, avec recours contre l’occupant fautif selon le bail.
Dois-je déclarer les revenus de mes chambres?
Oui, les loyers sont habituellement des revenus de location. Consultez Revenu Québec pour la répartition des dépenses et l’impact fiscal.
Cet article fournit de l’information générale et ne constitue pas un avis juridique. Pour votre situation, consultez un avocat ou un notaire.
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