Accès aux unités pour EEI/EFP (Loi 16) au Québec
02/08/2026Casiers colis en copropriété et Loi 25 au Québec
02/08/2026Accommodement borne recharge en copropriété au Québec
L’essor des véhicules électriques pousse de plus en plus de copropriétaires à demander une borne dans leur stationnement. En copropriété divise, ces demandes touchent des parties communes, la sécurité électrique et la gestion des charges communes. D’où l’idée d’un « accommodement raisonnable » pour concilier l’intérêt individuel et celui du syndicat. (À jour au 2026-08-02.)
Dans cet article, nous expliquons comment évaluer et encadrer un accommodement raisonnable borne recharge copropriété Québec. Vous y trouverez le cadre légal, un parcours décisionnel concret, les critères de raisonnabilité, ainsi que des modèles de clauses pour une entente claire entre le syndicat et le copropriétaire demandeur.
L’accommodement « raisonnable » appliqué à la borne VE: de quoi parle-t-on?
En copropriété, « accommodement raisonnable » renvoie à une décision du conseil d’administration (CA) qui permet un aménagement ou une exception encadrée, lorsque cela ne cause pas de préjudice sérieux au syndicat ni aux autres copropriétaires. L’objectif est d’autoriser l’installation d’une borne, avec des conditions précises, tout en protégeant les parties communes et l’équité entre copropriétaires.
Il ne s’agit pas automatiquement d’une obligation absolue. Le CA doit agir de bonne foi et avec prudence, en évaluant les impacts techniques, financiers, et juridiques. Selon la Déclaration de copropriété (DCV) et le Code civil du Québec (C.c.Q.), certaines modifications aux parties communes requièrent une approbation à l’AGA ou une résolution spéciale. L’accommodement tient compte de ces règles, plutôt que de les contourner.
À noter: si une demande est liée à un motif protégé par la Charte des droits et libertés de la personne (ex.: handicap), la notion d’accommodement raisonnable prend une portée juridique particulière. Le syndicat devra alors démontrer qu’il a évalué des solutions adaptées, sans contrainte excessive.
Le cadre légal québécois à connaître
Plusieurs textes et règles encadrent les décisions du syndicat en matière de bornes de recharge:
- Code civil du Québec: gouverne les parties communes et privatives, les majorités requises pour autoriser certains travaux, la contribution aux charges et la bonne foi contractuelle. Voir le C.c.Q. et ses articles pertinents sur les décisions du syndicat, les modifications aux parties communes et les majorités requises (p. ex. art. 1039, 1063, 1064, 1096-1097, 1375 C.c.Q.).
- Déclaration de copropriété (DCV) et règlement d’immeuble: précisent les usages des parties communes, le stationnement, les percements, la sécurité, et les approbations requises pour les travaux.
- Normes et sécurité électriques: les travaux doivent être réalisés par un entrepreneur électricien titulaire des licences appropriées et respecter les codes en vigueur.
- Charte des droits et libertés de la personne: si la demande d’un copropriétaire se fonde sur un motif protégé, l’accommodement devient une exigence à évaluer sérieusement, jusqu’à la limite de la contrainte excessive.
Références utiles:
- Code civil du Québec sur LégisQuébec
- Charte des droits et libertés de la personne (LégisQuébec)
- RBQ – Travaux d’électricité et exigences pour entrepreneurs
- RGCQ – Ressources et bonnes pratiques en copropriété
Parcours type: de la demande du copropriétaire à la décision du syndicat
La gestion ordonnée d’une demande évite les conflits et protège le syndicat contre les risques techniques, financiers et assurantiels. Voici un cheminement recommandé.
1) Demande écrite
Le copropriétaire transmet une demande détaillée au CA. Elle doit identifier l’emplacement, le type de borne, le trajet de câblage dans les parties communes, l’alimentation électrique, la puissance, et les mesures de protection envisagées.
2) Analyse de recevabilité
Le CA vérifie la conformité à la DCV et au règlement d’immeuble. Il examine si l’intervention touche les parties communes, l’esthétique, la structure ou la sécurité. Il identifie si une résolution du CA suffit, ou si une approbation à l’AGA est exigée par la DCV ou le C.c.Q.
3) Évaluation technique indépendante
Un maître électricien ou un ingénieur évalue la capacité électrique, le besoin d’un sous-compteur, la protection contre les surcharges et le respect des normes. Cette étape réduit les risques d’incendie, de bris d’équipement et de pannes.
4) Impacts financiers et répartition des coûts
Le CA précise qui paie l’achat, l’installation, l’énergie, l’entretien, les assurances additionnelles et la remise en état. Par principe, une installation au bénéfice exclusif ne devrait pas grever les charges communes, sauf décision collective contraire.
5) Décision et conditions
Le CA rend une décision motivée, assortie de conditions techniques, assurantielles et contractuelles. Si un vote en assemblée est requis, le point est inscrit à l’ordre du jour de l’AGA, avec un sommaire clair, et la résolution proposée.
6) Entente écrite et travaux
Avant le début des travaux, une entente signée précise les responsabilités. Les travaux sont effectués par des entrepreneurs qualifiés et assurés, et coordonnés pour minimiser les impacts dans les parties communes.
7) Réception, PV et mises à jour
À la fin, une inspection confirme la conformité. Le tout est inscrit au procès-verbal (PV) du CA, et les documents pertinents sont versés au carnet d’entretien/EUC. Les plans sont conservés pour de futures interventions.
Contenu minimal d’une demande d’accommodement
- Description de la borne (puissance, modèle, homologations);
- Schéma de câblage et cheminement dans les parties communes;
- Point d’alimentation électrique et mesures de protection;
- Preuve d’assurance et entrepreneur pressenti (licences, RBQ);
- Modalités proposées pour mesurer et payer l’électricité;
- Engagement à remettre en état au départ ou en cas de défaut.
Clauses essentielles de l’entente syndicat–copropriétaire
- Paiement intégral des coûts privés par le demandeur, sauf décision différente de l’AGA;
- Entretien, garanties et réparations à la charge du demandeur;
- Mesurage de l’énergie (sous-compteur certifié) et remboursement périodique;
- Accès du syndicat pour inspection, entretien d’urgence et travaux communs;
- Assurance responsabilité et dommages, avec preuve annuelle fournie au syndicat;
- Retrait de l’installation et remise en état à la fin de la détention, si exigé;
- Indemnisation du syndicat en cas de dommage ou de réclamation.
Comment juger si l’accommodement est « raisonnable »?
Un accommodement devient raisonnable lorsque l’atteinte aux droits collectifs demeure limitée, gérable et proportionnée à l’avantage individuel. Les critères suivants aident le CA à trancher.
- Sécurité et conformité: le projet respecte les normes électriques et les règles d’incendie, et réduit les risques pour les occupants.
- Capacité et réversibilité: l’ajout ne compromet pas la capacité électrique commune, et peut être retiré au besoin sans coût pour le syndicat.
- Équité entre copropriétaires: l’installation ne confère pas un avantage injuste sur l’usage des parties communes, notamment l’espace, les chemins de câbles et les infrastructures communes.
- Coûts et charges communes: les dépenses privées sont assumées par le demandeur, à moins d’un projet collectif approuvé à l’AGA. Les charges communes ne sont pas alourdies sans consentement des copropriétaires.
- Cohérence avec la DCV: l’intervention respecte le règlement d’immeuble, l’esthétique et les dispositions sur les parties communes et privatives.
- Alternatives raisonnables: le CA examine des solutions comme une infrastructure collective, un bornier partagé ou une gestion intelligente de la charge.
Dans une copropriété sous notre gestion, un syndicat a d’abord refusé des branchements individuels en raison d’une capacité électrique limitée. Une étude a conduit à un projet d’infrastructure commune avec gestion de la charge, approuvé à l’AGA. Cette approche a réduit les coûts unitaires et facilité des ajouts futurs, tout en protégeant les parties communes.
Financement, énergie et rôle du fonds de prévoyance
Trois approches se rencontrent fréquemment.
- Installation strictement privée: le copropriétaire paie l’achat, l’installation, les protections, le sous-compteur et l’énergie. Le syndicat impose des conditions de sécurité et d’entretien. Aucune dépense aux charges communes, sauf frais administratifs autorisés par la DCV.
- Infrastructure commune avec bornes privées: le syndicat finance les conduits, la distribution et la gestion de charge, puis les copropriétaires paient leur borne et leur énergie. Cette option requiert un vote et un budget, et peut être amortie via les charges communes.
- Bornes partagées communes: le syndicat installe quelques bornes dans des espaces communs. Une grille d’utilisation encadre l’accès, la facturation et la priorité.
Le fonds de prévoyance n’a pas vocation à financer des équipements au bénéfice exclusif. Il peut toutefois contribuer à une infrastructure commune durable approuvée par l’AGA, si cela s’inscrit dans le carnet d’entretien/EUC et le plan à long terme. La clé est la traçabilité: étude, décision, PV, mise à jour du budget et de l’EUC.
Pour l’énergie, privilégiez un sous-compteur certifié ou un compteur dédié, afin d’éviter les litiges sur la répartition. Un forfait fixe peut être acceptable à titre transitoire, si révisé périodiquement selon les lectures réelles.
Ressources complémentaires:
- Revenu Québec – Crédits d’impôt et programmes: vérifiez les mesures applicables aux travaux résidentiels ou aux équipements admissibles.
- RBQ – Sécurité électrique et choix d’un entrepreneur licencié
Gouvernance: politiques internes et règlement d’immeuble
Le CA gagne à adopter une politique-cadre sur les bornes, intégrée au règlement d’immeuble et cohérente avec la DCV. Cette politique peut préciser:
- Le processus de demande, les formulaires et les exigences techniques minimales;
- Les règles de câblage dans les parties communes et les normes de protection;
- Les modalités de mesure et de facturation de l’électricité;
- Les assurances exigées, l’accès pour inspections et les remises en état;
- La gestion de la charge, les priorités d’accès et l’éventuelle liste d’attente;
- La documentation à conserver au carnet d’entretien/EUC et la reddition à l’AGA.
Une politique bien rédigée réduit les décisions au cas par cas et renforce l’équité. Le CA devrait aussi publier un guide pratique sur l’intranet des copropriétaires et rappeler, dans l’avis de convocation de l’AGA, tout point lié aux bornes pour lequel un vote est requis.
Pour structurer vos démarches administratives et opérationnelles, consultez nos services:
- Gestion administrative de la copropriété: multiRent – Services (gestion administrative)
- Gestion des opérations et entretien: multiRent – Services (gestion des opérations)
Vous pouvez aussi parcourir d’autres contenus utiles sur notre blogue et nos forfaits.
FAQ – Bornes de recharge et copropriété au Québec
Q1. Le CA peut-il refuser une borne de recharge?
Oui, si la demande contrevient à la DCV, présente des risques de sécurité non maîtrisés, surcharge l’infrastructure, ou impose des coûts aux charges communes sans approbation. Le CA doit toutefois proposer des alternatives raisonnables lorsque possibles, et motiver sa décision au PV.
Q2. Faut-il un vote à l’AGA?
Cela dépend de la nature des travaux et de la DCV. Les modifications substantielles aux parties communes ou la création d’une infrastructure commune exigent généralement une approbation en assemblée, selon les majorités prévues au C.c.Q. et à la DCV. Une installation strictement privée et réversible, sans impact significatif, peut être autorisée par résolution du CA, si la DCV le permet.
Q3. Qui paie l’électricité?
Idéalement, le copropriétaire via un compteur dédié ou un sous-compteur. À défaut, un mécanisme de refacturation clair et traçable s’impose, avec ajustements périodiques. Pour les projets collectifs, une politique de tarification approuvée par l’AGA limite les litiges.
Q4. Quelles assurances prévoir?
Le demandeur devrait fournir une preuve d’assurance responsabilité civile et, au besoin, une extension couvrant l’équipement. Le syndicat vérifie auprès de son assureur si des mesures supplémentaires sont requises pour les parties communes.
Q5. Montréal et la Rive-Sud: des spécificités locales?
Les principes demeurent les mêmes, mais certaines municipalités ou distributeurs peuvent avoir des exigences techniques ou d’accès. Vérifiez la réglementation locale et planifiez la coordination avec l’immeuble.
Cet article fournit de l’information générale et ne constitue pas un avis juridique. Pour votre situation, consultez un avocat ou un notaire.
Vous gérez une copropriété au Québec ? Découvrez nos forfaits ou contactez-nous pour évaluer vos besoins.
