Plan directeur de recharge VE en copropriété
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Dans une copropriété divise, la fusion de deux condos adjacents ou la division d’une grande unité en deux fractions autonomes peuvent répondre à des besoins concrets: reconfiguration familiale, optimisation de la valeur ou adaptation à l’usage. Ces projets touchent toutefois des éléments sensibles comme la DCV (déclaration de copropriété), les quotes-parts, les charges communes et même la destination de l’immeuble. Ils exigent donc une préparation rigoureuse et un alignement avec le Code civil du Québec (C.c.Q.).
Cet article présente les démarches clés, les autorisations à obtenir et les impacts financiers et administratifs pour le conseil d’administration (CA) et le syndicat. Si vous envisagez une fusion d’unités copropriété Québec ou, à l’inverse, la division d’une unité, voici un guide pratique, adapté à la réalité montréalaise.
Fusion vs division: de quoi parle-t-on concrètement?
- Fusion d’unités: deux fractions contiguës sont regroupées pour former une seule unité plus grande, avec un nouveau numéro de lot/fraction et des quotes-parts recalculées. Les accès, cloisons, systèmes mécaniques et séparations coupe-feu doivent être revisités par des professionnels.
- Division d’une unité: une fraction est scindée en deux nouvelles fractions distinctes. Cela implique des plans architecturaux et mécaniques, des adresses civiles ou numéros d’unités mis à jour, et une révision des parties privatives et, au besoin, des servitudes ou droits de passage internes.
Selon la DCV et la réglementation municipale, ces projets peuvent toucher:
- Les parties privatives (plans et superficie);
- Les parties communes (par exemple, percements dans des murs porteurs ou coupe-feu, issues de secours);
- Les valeurs relatives des fractions et, par ricochet, la répartition des frais de condo et des cotisations au fonds de prévoyance.
La faisabilité architecturale et la conformité au bâtiment doivent être confirmées avant tout vote. Une étude par un architecte et, au besoin, un ingénieur en structure ou en mécanique du bâtiment, demeure essentielle.
Cadre légal, autorisations et votes requis
Le C.c.Q. encadre la modification des fractions, la mise à jour de la DCV et la prise de décision par l’assemblée des copropriétaires. Selon la portée du projet (p. ex., si la valeur relative des fractions, la description des parties privatives ou la destination de l’immeuble sont affectées), une résolution à majorité simple, une majorité qualifiée ou, plus rarement, l’unanimité peuvent être requises. Référez-vous au volet « Copropriété divise » du Code civil du Québec pour les règles précises de majorité et de modification de la déclaration (cf. C.c.Q., copropriété divise):
En pratique:
- Le CA fait préparer un dossier technique (avant-projet) et juridique (analyse de la DCV et du règlement d’immeuble) pour déterminer la majorité applicable et les clauses à modifier.
- Une assemblée (AGA ou assemblée extraordinaire) est convoquée avec un avis détaillé, incluant plans, impacts sur les quotes-parts, charges communes et fonds de prévoyance. Le respect du quorum, du droit de vote et des procurations s’applique. Le PV (procès-verbal) doit refléter fidèlement les résolutions et les résultats du vote.
- Les modifications à la DCV et à la description des fractions sont signées devant notaire et publiées au registre foncier pour être opposables.
Côté municipal, la division ou la fusion d’unités exige généralement un permis et des plans scellés. Les travaux doivent être réalisés par des entrepreneurs détenant les licences appropriées. Consultez la RBQ pour les obligations liées aux licences et la conformité des entrepreneurs:
Le syndicat doit aussi vérifier la conformité au règlement d’urbanisme de l’arrondissement (issues, stationnements, insonorisation, densité). En cas de modification d’éléments coupe-feu ou structurels, des exigences supplémentaires (plans d’ingénieur, essais, inspections) peuvent s’appliquer.
Étapes pratiques et documents à produire
-
Étude de faisabilité
Relevé des lieux, vérification des murs porteurs, coupe-feu et réseaux (CVAC, plomberie, électricité).
Rapports d’un architecte et, au besoin, d’ingénieurs, précisant les travaux et les impacts sur les parties communes et privatives. -
Dossier au CA et consultation préalable
Analyse de la DCV et du règlement d’immeuble par un juriste.
Estimation des impacts: quotes-parts, charges communes, accès, sonorité, sécurité, stationnement, rangement.
Plan de communication aux copropriétaires (visualisations, sommaire d’impacts, calendrier projeté, mesures d’atténuation des nuisances). -
Convocation et tenue de l’assemblée
Avis de convocation conforme, documents techniques accessibles à l’avance, résolution rédigée clairement (avec scénarios de recalcul des quotes-parts et des cotisations au fonds de prévoyance).
Présentation en assemblée; période de questions; tenue du vote selon la majorité applicable.
Rédaction du PV détaillé et signature. -
Volet notarial et publication
Rédaction des actes modifiant la DCV et la description des fractions (nouveaux numéros de lots s’il y a lieu).
Publication au registre foncier pour opposabilité aux tiers. -
Permis et exécution des travaux
Dépôt des plans, obtention du permis municipal et coordination des inspections.
Contracter avec des entrepreneurs licenciés; affichage de permis et respect des plages horaires de travaux prévues au règlement d’immeuble.
Contrôles de qualité et fermetures de permis en fin de chantier. -
Mises à jour administratives et assurances
Mise à jour du registre de la copropriété, des fiches d’unités et de la liste des copropriétaires.
Ajustement des quotes-parts, des fiches de facturation et du budget annuel.
Avis à l’assureur du syndicat et aux assureurs des copropriétaires; mise à jour des sommes assurées et des franchises.
Actualisation du carnet d’entretien / EUC et de l’étude du fonds de prévoyance si les paramètres physiques du bâtiment changent.
Pour structurer ces étapes, un accompagnement en gestion administrative et en gestion des opérations peut accélérer le projet et réduire les risques:
Le RGCQ publie des références utiles sur la planification et la tenue d’assemblées en copropriété:
Impacts financiers, fiscaux et sur l’assurance
- Quotes-parts et frais de condo: la fusion ou la division modifie la valeur relative des fractions, ce qui peut entraîner un nouveau partage des charges communes. Attendez-vous à des ajustements du budget, des appels de cotisations et des contributions au fonds de prévoyance. Une révision comptable en début d’exercice suivant est recommandée.
- Fonds de prévoyance: si la superficie totale privative change, la méthode d’allocation peut devoir être recalibrée. L’étude du fonds de prévoyance pourrait nécessiter une mise à jour pour refléter la nouvelle configuration et l’usure projetée.
- Hypothèques et créanciers: la fusion ou la division peut exiger le consentement des créanciers hypothécaires et la radiation/prise de nouvelles hypothèques sur les fractions modifiées. Anticipez honoraires et délais notariaux.
- Taxes et droits: une division crée de nouvelles unités imposables; une fusion peut modifier l’évaluation foncière. Renseignez-vous aussi sur l’applicabilité des droits de mutation immobilière (selon la nature des actes et transferts). Référez-vous à Revenu Québec:
- Assurances: avisez rapidement l’assureur du syndicat et validez les impacts sur la police des parties communes et sur les obligations d’assurance des copropriétaires. Des certificats d’assurance mis à jour peuvent être demandés avant et après travaux.
Pour la mise à jour des quotes-parts, du budget et des états financiers, une gestion financière structurée vous aidera à éviter les écarts en cours d’année:
Gouvernance: transparence, sécurité et qualité d’exécution
- Transparence: partagez tôt les plans et les impacts, y compris les nuisances temporaires (bruit, poussière, circulation dans les aires communes). Documentez le tout dans le PV et le registre du syndicat.
- Sécurité et conformité: exigez des entrepreneurs licenciés, preuves d’assurance responsabilité, méthodes de protection des parties communes et plan de gestion des déchets. Vérifiez la conformité RBQ au besoin.
- Règlement d’immeuble: rappelez les plages horaires de travaux, l’usage des ascenseurs, la réservation du quai de chargement, et les pénalités internes en cas d’écart.
- Livraison et clôture: exigez les attestations de conformité, plans « tel que construit » (as-built), garanties, et mettez à jour le carnet d’entretien / EUC.
- Communication continue: planifiez des courriels d’étapes, un affichage dans le hall et une ligne de contact pour les plaintes. Cela réduit les tensions et facilite l’acceptation sociale du projet.
FAQ – Questions courantes
Q1. Faut-il l’unanimité des copropriétaires pour une fusion ou une division?
Pas toujours. Tout dépend des éléments touchés (valeurs relatives, description des parties privatives, destination de l’immeuble). Le C.c.Q. prévoit différentes majorités selon la nature des modifications. Validez la majorité applicable avant de convoquer l’assemblée (cf. C.c.Q., copropriété divise sur LégisQuébec).
Q2. Combien de temps dure le processus?
Selon la complexité, comptez généralement quelques mois entre l’avant-projet, la tenue de l’assemblée, le traitement notarial, les permis et les travaux. Les délais municipaux et la période d’appel d’offres influencent l’échéancier. Planifiez un calendrier réaliste et communiquez-le.
Q3. Peut-on diviser une unité sans architecte?
Rarement pertinent. Dès qu’il y a redistribution d’espaces, percements, coupe-feu, issues, réseaux mécaniques ou impacts acoustiques, un architecte et possiblement des ingénieurs sont requis. La municipalité exigera des plans scellés et l’assureur appréciera la traçabilité technique.
Q4. Que faire si la DCV semble interdire la fusion ou la division?
Une révision de la DCV peut être envisagée; toutefois, cela exige les majorités prévues par le C.c.Q. Consultez un notaire ou un avocat pour évaluer le chemin le plus sûr et les seuils de vote réalistes.
Pour d’autres articles et gabarits utiles en gestion de condo, consultez le blogue multiRent: https://www.multirent.ca/blogue/
Cet article fournit de l’information générale et ne constitue pas un avis juridique. Pour votre situation, consultez un avocat ou un notaire.
Cet article fournit de l’information générale et ne remplace pas les conseils d’un fiscaliste ou d’un comptable. Référez-vous à Revenu Québec et à l’ARC pour les modalités exactes.
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