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Louer des cases de stationnement à des non‑résidents soulève souvent des questions en copropriété divise. Est‑ce permis? Tout dépend de la déclaration de copropriété (DCV), du règlement de l’immeuble et de la destination de l’immeuble. Le conseil d’administration (CA) doit aussi considérer la sécurité, l’assurance et les impacts sur la vie de la communauté.
Dans cet article, vous verrez comment analyser la situation dans votre syndicat, encadrer la location de stationnement à des non‑résidents, et éviter les écueils juridiques et opérationnels. Les informations ci‑dessous sont générales et concernent le Québec.
Le cadre légal à connaître: DCV, règlement et Code civil
La DCV est votre point de départ. Elle précise la destination de l’immeuble (p. ex., résidentielle) et répartit les parties privatives et les parties communes, parfois avec usage restreint. Le règlement de l’immeuble encadre l’usage des lieux, l’accès, la circulation et les sanctions en cas d’infraction.
Le Code civil du Québec encadre l’exercice des droits des copropriétaires et l’administration du syndicat. Par exemple, chaque copropriétaire peut user de sa partie privative, mais sans contrevenir à la destination de l’immeuble ni porter atteinte aux droits des autres (cf. art. 1063 C.c.Q.). Pour le reste, référez‑vous au chapitre « Copropriété divise » du Code civil pour les règles sur l’usage, les charges communes et l’adoption de règlements.
- Consulter le Code civil (C.c.Q.), copropriété divise: LégisQuébec
- Bonnes pratiques en copropriété: RGCQ
En pratique, la question « Est‑ce permis? » appelle deux vérifications clés: 1) la nature juridique de la case (privative, commune, commune à usage restreint); 2) ce que la DCV et le règlement autorisent ou interdisent, compte tenu de la destination de l’immeuble.
Parties privatives, parties communes et usage restreint: qui peut louer à un non‑résident?
- Case de stationnement en partie privative: Le copropriétaire est généralement libre de la louer, sous réserve de la DCV, du règlement de l’immeuble et de la destination de l’immeuble. Certaines DCV exigent que la case soit louée seulement à un occupant ou à un autre copropriétaire de l’immeuble. D’autres interdisent la location à des tiers externes pour des raisons de sécurité et de quiétude. Vérifiez les dispositions et les annexes cadastrales.
- Case faisant partie des parties communes à usage restreint: Le droit d’usage appartient au copropriétaire désigné, mais le syndicat conserve la propriété. La location à des non‑résidents peut être limitée ou interdite par la DCV ou le règlement, notamment pour respecter la destination de l’immeuble et le contrôle des accès.
- Cases de visiteurs (parties communes): Elles sont destinées aux visiteurs pour des séjours courts. Les louer à des non‑résidents de manière récurrente détournerait leur destination. Sans modification formelle du cadre normatif, le CA devrait s’abstenir de monnayer ces espaces auprès du public.
Bref, la location à des non‑résidents n’est pas automatiquement interdite, mais elle doit être expressément permise ou, à tout le moins, non prohibée par la DCV et le règlement, et rester compatible avec la destination de l’immeuble.
Encadrer la location à des non‑résidents par règlement de l’immeuble
Si la DCV n’interdit pas la location externe, le syndicat gagnera à l’encadrer. Un règlement clair protège la sécurité, la tranquillité et la responsabilité civile du syndicat et des copropriétaires. Le règlement devrait notamment prévoir:
- L’admissibilité: types de cases visées (privatives, usage restreint), exclusions (visiteurs), durée minimale/maximale des locations.
- L’enregistrement: formulaire obligatoire, plaque d’immatriculation, coordonnées, preuve d’assurance responsabilité civile du locataire.
- L’accès: gestion des clés, télécommandes et puces (fobs), politique de dépôt, interdiction de duplication, récupération à la fin du bail.
- La circulation: limites de vitesse, zones interdites, interdiction de l’entreposage, respect des voies de sortie et des postes incendie.
- Les responsabilités et sanctions: amendes graduelles, frais administratifs, suspension d’accès en cas de non‑paiement, imputations de frais de dommages.
- La résiliation: droit du syndicat de révoquer l’autorisation en cas d’abus ou de risques pour la sécurité.
L’adoption ou la modification d’un règlement de l’immeuble se fait en assemblée de copropriétaires (AGA ou assemblée extraordinaire), selon les majorités prévues au Code civil et à votre DCV. Publiez ensuite le règlement, mettez à jour le registre, et annotez le procès-verbal (PV) pour tracer la décision. Pour vous appuyer dans ces étapes, voyez notre offre de gestion administrative.
Pour une mise en œuvre cohérente avec les meilleures pratiques, consultez aussi le RGCQ.
Risques, sécurité et assurances: ce que votre CA doit surveiller
- Sécurité et accès: Multiplier les accès à des non‑résidents augmente les risques (intrusions, vols dans les voitures, vandalisme). Mettez en place une gestion serrée des cartes d’accès, un registre à jour et, si possible, la désactivation à distance des fobs perdus.
- Conformité bâtiment: Les garages exigent des règles strictes de circulation, ventilation, dégagement des issues et entretien des dispositifs de sécurité. Référez‑vous aux lignes directrices de la RBQ et tenez compte de votre carnet d’entretien / EUC.
- Assurance du syndicat et des copropriétaires: Confirmez avec votre assureur si la location à des non‑résidents est permise et sous quelles conditions. Exigez une preuve d’assurance responsabilité civile du locataire de la case et précisez les exclusions (entreposage de matières dangereuses, travaux mécaniques, etc.).
- Quiétude et voisinage: Encadrez le bruit (démarrages prolongés, rassemblements), l’usage nocturne et les retours tardifs. Prévoyez des sanctions efficaces et graduelles en cas de manquements.
Un encadrement rigoureux limite les risques et protège l’intérêt collectif sans priver les copropriétaires d’un usage raisonnable de leurs biens.
Fiscalité et comptabilité: revenus, taxes et obligations
Deux situations fréquentes:
- Le copropriétaire loue sa case privative à un non‑résident. Le revenu peut être imposable. Selon le volume et la nature, des obligations de perception de taxes de vente (TPS/TVQ) peuvent s’appliquer à la fourniture d’un stationnement. Vérifiez les règles de « petit fournisseur » et les exclusions applicables auprès de Revenu Québec. Tenez une comptabilité de base (reçus, baux, paiements).
- Le syndicat loue des cases communes (là où c’est permis) ou gère la location pour compte des copropriétaires. Le syndicat doit comptabiliser ces revenus, appliquer les taxes s’il y a lieu, et déposer les montants perçus. Les revenus accessoires peuvent aider à contenir les charges communes, sans toutefois se substituer aux contributions régulières et aux obligations liées au fonds de prévoyance. Alignez vos pratiques avec votre cabinet comptable.
Besoin d’aide pour la facturation, la perception et le suivi? Voyez notre gestion financière.
Pour rappel, la fiscalité évolue et comporte des cas particuliers. Référez‑vous à Revenu Québec pour les modalités à jour.
Étapes concrètes pour votre CA
- Cartographiez vos cases: privatives, communes, communes à usage restreint, visiteurs. Validez avec les plans cadastraux et la DCV.
- Analysez la DCV et le règlement: cherchez des clauses sur le stationnement, l’accès, et la location à des tiers.
- Évaluez les risques: sécurité, circulation, capacité, nuisances sonores, responsabilité et assurance.
- Rédigez ou mettez à jour un règlement clair: admissibilité, enregistrement, accès, sanctions, résiliation.
- Consultez les copropriétaires: avis écrit, période de commentaires, présentation et vote en AGA. Inscrivez la décision au PV et mettez à jour le registre.
- Déployez un processus: formulaires normalisés, gabarit de bail de stationnement, vérification d’assurance, dépôt pour fobs, protocole de remise des accès.
- Formez vos équipes: concierge, gestionnaire et membres du CA pour l’application uniforme des règles et des sanctions.
- Suivez et ajustez: statistiques d’occupation, incidents, retours des copropriétaires; révision annuelle « à jour au 2026-08-09 ».
Pour d’autres guides pratiques sur la vie en copropriété, consultez le blogue multiRent.
Foire aux questions
Q1. Un copropriétaire peut‑il louer sa case à un ami qui n’habite pas l’immeuble?
R. C’est parfois permis pour une partie privative, si la DCV et le règlement ne l’interdisent pas et que la destination de l’immeuble est respectée. Le CA peut exiger un enregistrement, une preuve d’assurance et le respect des règles d’accès.
Q2. Le syndicat peut‑il louer des cases de visiteurs à des travailleurs du quartier?
R. Non, sauf changement formel du cadre normatif, car ces cases sont destinées aux visiteurs et leur location récurrente détourne leur vocation. Privilégiez plutôt des cases excédentaires clairement visées par un règlement.
Q3. Faut‑il percevoir la TPS/TVQ sur la location d’une case?
R. Souvent oui pour une fourniture de stationnement, sauf exceptions. Les seuils, inscriptions et exemptions dépendent de la situation. Validez auprès de Revenu Québec et ajustez votre facturation en conséquence.
Cet article fournit de l’information générale et ne constitue pas un avis juridique. Pour votre situation, consultez un avocat ou un notaire.
Cet article fournit de l’information générale et ne remplace pas les conseils d’un fiscaliste ou d’un comptable. Référez-vous à Revenu Québec et à l’ARC pour les modalités exactes.
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