CSA S413 au Québec: stationnement en copropriété
22/07/2026Refacturation frais copropriétaire: par le syndicat, Québec
Refacturer des frais à un copropriétaire fautif est parfois inévitable pour un syndicat de copropriété. En copropriété divise, la ligne entre charges communes ordinaires et dépenses causées par la faute d’un individu doit être claire. Sans cadre et sans preuves, le risque de litige augmente, tout comme l’impact sur les frais de condo et le fonds de prévoyance.
Dans cet article, nous résumons le cadre légal québécois, les cas typiques où la refacturation est permise, et un processus simple pour le conseil d’administration (CA). Vous y trouverez des références au Code civil du Québec (C.c.Q.), à la DCV (déclaration de copropriété) et au règlement de l’immeuble, ainsi que des outils concrets pour documenter et récupérer les coûts.
Le cadre légal au Québec: principes et sources
- Le C.c.Q. exige que les copropriétaires contribuent aux charges communes selon la valeur relative de leur fraction. Toutefois, lorsque des dépenses découlent de la faute, de la négligence ou de l’usage abusif d’un copropriétaire (ou de son occupant), le syndicat peut lui réclamer les coûts correspondants (référence fréquente: art. 1064 C.c.Q.).
- La DCV et le règlement de l’immeuble peuvent préciser des pénalités ou des frais administratifs en cas d’infraction (ex.: non-respect des règles de bruit ou d’occupation). Ces pénalités doivent rester raisonnables et prévues à l’avance, faute de quoi elles risquent d’être contestées.
- En cas de non-paiement, la contribution due au syndicat peut être garantie par l’hypothèque légale prévue par le C.c.Q. pour les charges communes. Les frais refacturés liés à une faute, une fois intégrés au compte du copropriétaire, peuvent faire partie des sommes exigibles du syndicat, sous réserve de la preuve et de la conformité (voir les dispositions sur l’hypothèque légale du syndicat au C.c.Q.).
Références utiles:
- LégisQuébec – Code civil du Québec, dispositions sur la copropriété divise (art. 1038 et s.)
- LégisQuébec – articles sur la répartition des charges communes et la responsabilité des copropriétaires (incluant l’art. 1064 C.c.Q.)
- LégisQuébec – hypothèque légale en copropriété (sécurité des contributions dues au syndicat)
Quand et quoi refacturer? Exemples concrets
Les cas les plus fréquents de refacturation concernent des atteintes aux parties communes ou des interventions rendues nécessaires par un manquement aux règles.
- Dégâts d’eau causés par un équipement privatif mal entretenu (p. ex. chauffe-eau dépassé): dommages aux parties communes, déductible d’assurance du syndicat, frais d’urgence et de décontamination.
- Bris volontaires ou usages abusifs des parties communes (portes, ascenseurs, systèmes d’accès/intercom), avec témoins, enregistrements ou rapports de sécurité.
- Infraction au règlement de l’immeuble (p. ex. travaux non autorisés, bruit excessif, location de type Airbnb interdite): frais d’intervention, avis et, si prévu à la DCV, pénalités raisonnables.
- Non-coopération lors d’un accès requis à une partie privative pour entretien préventif ou travaux urgents touchant une colonne montante: frais supplémentaires d’entrepreneur, déplacements répétés, voire ouverture forcée autorisée conformément à la DCV.
| Situation | Base juridique courante | Preuves utiles | Frais typiquement refacturables |
|---|---|---|---|
| Dégât d’eau d’un chauffe-eau privé négligé | Art. 1064 C.c.Q. (faute/négligence), DCV | Photos, rapport d’incident, rapport d’entrepreneur licencié, courriels | Déductible d’assurance du syndicat, nettoyage, assèchement, réparation des parties communes |
| Dommage à une porte d’issue (usage abusif) | Art. 1064 C.c.Q., règlement | Vidéo, témoins, constat du concierge, facture de réparation | Pièces, main-d’œuvre, frais d’urgence |
| Bruit récurrent malgré avis | DCV/règlement (pénalité prévue), art. obligations de l’occupant | Avis, constats répétés, PV de CA, plaintes datées | Pénalité prévue, frais administratifs raisonnables |
| Refus d’accès pour travaux urgents | DCV (accès), art. obligations coopérer | Avis, tentatives documentées, rapport d’entrepreneur | Déplacements, heures perdues, ouverture/serrurier si autorisé |
Important: On ne refacture pas au cas par cas des entretiens réguliers normalement couverts par les charges communes, ni des dépenses planifiées du carnet d’entretien/EUC ou du fonds de prévoyance. La refacturation vise des coûts supplémentaires causés par une faute, une négligence ou un usage interdit.
Processus recommandé pour le CA: de la preuve à l’encaissement
Un processus structuré réduit les contestations et démontre la bonne foi du syndicat.
- Constater et documenter
- Consigner l’incident dans un rapport daté (photos/vidéos, témoins, relevés de capteurs si applicables).
- Identifier les parties communes ou privatives touchées. Noter la chronologie et les communications.
- Mitiger les dommages et choisir les bons entrepreneurs
- Intervenir sans délai pour limiter les impacts (p. ex. assèchement). Prioriser des entrepreneurs licenciés RBQ et assurer la traçabilité des coûts. Voir les exigences RBQ: https://www.rbq.gouv.qc.ca/
- Vérifier la DCV, le règlement et les assurances
- Confirmer, dans la DCV/règlement, les clauses sur l’accès, les pénalités et les responsabilités.
- Vérifier les polices d’assurance (syndicat et copropriétaire) pour éviter le double recouvrement et appliquer correctement les déductibles.
- Décision formelle du CA et résolution
- Adopter une résolution motivée du CA autorisant la refacturation (montant, pièces justificatives, base juridique). Archiver au PV du CA.
- Lorsque pertinent, informer l’AGA par un point d’information ou dans le rapport annuel.
- Mise en demeure et facturation
- Envoyer une mise en demeure au copropriétaire fautif avec: le résumé des faits, la base juridique (C.c.Q./DCV), la liste détaillée des coûts, un délai de paiement et le mode de communication pour discuter.
- Émettre la facture et l’inscrire au compte du copropriétaire. Appliquer les intérêts/frais administratifs seulement s’ils sont expressément prévus et raisonnables.
- Suivi, recouvrement et hypothèque légale
- Si impayé, envoyer un dernier avis; au besoin, engager un recours aux Petites créances (selon le montant) ou déposer un avis d’hypothèque légale du syndicat en respectant les conditions du C.c.Q. et les délais procéduraux.
- Garder un dossier complet: il sera utile en médiation, en cour ou lors d’une vente (attestation du syndicat et état de compte).
Pour un aperçu des services qui appuient ce processus (gestion des avis, suivi des comptes, conservation documentaire), voyez nos services de gestion administrative et de gestion financière.
Rédiger une mise en demeure solide
- Faits: décrire clairement l’événement, les dommages et la causalité.
- Base juridique: référer aux articles pertinents du C.c.Q. et aux clauses de la DCV/règlement.
- Preuves: annexer rapports, photos, devis/factures, échanges.
- Demande: montant précis, délai pour payer, coordonnées.
- Ouverture: proposer une rencontre ou un appel pour éviter l’escalade.
Des modèles existent auprès d’organismes spécialisés en copropriété, comme le RGCQ, qui diffuse de bonnes pratiques pour les syndicats et les CA.
Limites, prudence et pièges à éviter
- Pénalités abusives: les montants doivent rester proportionnés. Une clause floue ou punitive sans lien avec un coût réel risque d’être invalidée.
- Double recouvrement: si l’assureur du syndicat indemnise un dommage, évitez de réclamer le même montant au copropriétaire. Le déductible et les frais non couverts peuvent toutefois être en jeu, selon la faute établie.
- Frais d’avocats et d’administration: ils peuvent être réclamés lorsqu’ils sont nécessaires, raisonnables et prévus (DCV/règlement ou selon la responsabilité civile découlant de la faute). Documentez le temps et les étapes.
- Accès aux parties privatives: la DCV prévoit les modalités d’accès. Respectez les avis et délais, sauf urgence. Documentez tout refus.
- Parties communes vs privatives: attribuez correctement les réparations selon l’EUC et le carnet d’entretien. Une erreur d’imputation se conteste facilement.
En cas d’incertitude, consultez les textes officiels:
- LégisQuébec – règles de la copropriété divise (C.c.Q., titre sur la copropriété)
- RGCQ – ressources et formations pour syndicats/CA
Calcul, taxes et comptabilisation: l’essentiel à savoir
- Éléments refacturables: pièces, main-d’œuvre, frais d’urgence, déplacements d’entrepreneur, déductible d’assurance du syndicat, frais d’administration raisonnables prévus.
- Taxes: selon votre statut fiscal, certaines refacturations peuvent être taxables. Validez l’inscription aux taxes et la facturation (TPS/TVQ) auprès de Revenu Québec, section Taxes de vente.
- Écritures: rattacher chaque dépense à l’incident, conserver devis et factures, puis lier la refacturation au compte du copropriétaire. La traçabilité facilite l’audit et la préparation des états financiers.
Pour structurer votre documentation et vos suivis, voyez nos pages Qui sommes-nous et l’index du blogue pour des guides complémentaires.
Foire aux questions (FAQ)
Q1. Le syndicat peut-il refacturer des frais d’avocat?
Oui, si ces frais découlent de la faute ou du manquement du copropriétaire, s’ils sont nécessaires et raisonnables, et lorsque la DCV/règlement ou la responsabilité civile le permettent. Conservez un relevé détaillé des heures et des démarches.
Q2. Et si le fautif est un locataire?
Le copropriétaire-bailleur demeure responsable envers le syndicat. Le règlement de l’immeuble s’impose aussi aux occupants. Le syndicat réclame au copropriétaire, à lui de se retourner ensuite contre son locataire au besoin.
Q3. Peut-on suspendre des privilèges en cas de non-paiement?
Les droits d’un copropriétaire ne peuvent être restreints que selon le C.c.Q. et la DCV. La voie usuelle demeure la mise en demeure, le recouvrement, et l’hypothèque légale au besoin. Demandez avis juridique avant toute mesure restrictive.
- RBQ – choisir un entrepreneur licencié et conforme
- OACIQ – information utile lors d’une vente (attestations, déclarations)
Cet article fournit de l’information générale et ne constitue pas un avis juridique. Pour votre situation, consultez un avocat ou un notaire.
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